Familières déja, étranges pourtant, elles se hâtent de séduire et se gardent de conclure. Livrées sans retenues, se dérobant dans le même mouvement, presque en
même temps, ces " images en l'air " viennent de loin pour nous inciter à spéculer sur leur trajectoire. Avec bienveillance, une pointe d'espièglerie mais
sans concession, elles mettent au défi notre disponibilité.
HI-FO, LO-FI ? NO-FI ? Pour figuration s'entend. " Sans adresse " selon la formule de Clément Greenberg, à coup sûr sans maladresse. Haute fidélité, basse définition, à moins que ce ne soit l'inverse.
" Mais qu'est-ce que c'est...? ". Jubilation de la désigantion, fièvre de l'énumération... Mais peut-on n'aimer que " sous réserve d'inventaire"? Le langage se creuse, enfle, s'active avant de renoncer, comme épuisé par le silence des choses. Peine perdue, plaisir gagné peut-être :le visible excèdera toujours le dicible. l'artiste ne joue pas au " titreur d'élite " et préfère déléguer le pouvoir de figer la forme dans le mot, le sensible dans le sens. Le titrage est une aventure aussi vaine que nécessaire, augurant idéalement d'une ivresse partagée. Affaire tant de volumétrie que de géométrie des solutions.
Ni surface aveugle ni tranche de pyramide visuelle, le plan afocal semble trouver cohérence et
équilibre dans le dosage de phénomènes de condensation et de dilatation. Météore ?
Pas de subjectile, ou si peu. la surface ne préexiste pas à sa construction, comme si le désir radical de peinture motivait une répugance à la faire adhérer à ce qui n'en est pas . Produire une structure sans dessous, renonçant à l'enfouissement pour tout exposer côtoie ici l'enjeu du dessin et révèle l'ambition de visualiser " un devenir peinture ".
Evidente prise de risque dans le choix de soumettre à l'appréciation cette matière en transit, ces avartars cristallisés d'une farouche volonté de ne rien figer; la fraîche victoire du solide sur le liquide paraît guetter confirmation de notre regard.
Pointe " l'rraisonable " tentation de solubiliser l'oeuvre picturale dans le regard même. les pigments, on le pressent, pourraient s'y répandre, se confondre avec et en lui comme le colorant déposé dans uncours d'eau afin d'en déterminer débit et cheminement exact jusqu'à l'océan. Tout le travail de Thierry alimente ce bouillant paradoxe d'une peinture à la fois portée et à perte de vue.
HI-FO, LO-FI ? NO-FI ? Pour figuration s'entend. " Sans adresse " selon la formule de Clément Greenberg, à coup sûr sans maladresse. Haute fidélité, basse définition, à moins que ce ne soit l'inverse.
" Mais qu'est-ce que c'est...? ". Jubilation de la désigantion, fièvre de l'énumération... Mais peut-on n'aimer que " sous réserve d'inventaire"? Le langage se creuse, enfle, s'active avant de renoncer, comme épuisé par le silence des choses. Peine perdue, plaisir gagné peut-être :le visible excèdera toujours le dicible. l'artiste ne joue pas au " titreur d'élite " et préfère déléguer le pouvoir de figer la forme dans le mot, le sensible dans le sens. Le titrage est une aventure aussi vaine que nécessaire, augurant idéalement d'une ivresse partagée. Affaire tant de volumétrie que de géométrie des solutions.
Ni surface aveugle ni tranche de pyramide visuelle, le plan afocal semble trouver cohérence et
équilibre dans le dosage de phénomènes de condensation et de dilatation. Météore ?
Pas de subjectile, ou si peu. la surface ne préexiste pas à sa construction, comme si le désir radical de peinture motivait une répugance à la faire adhérer à ce qui n'en est pas . Produire une structure sans dessous, renonçant à l'enfouissement pour tout exposer côtoie ici l'enjeu du dessin et révèle l'ambition de visualiser " un devenir peinture ".
Evidente prise de risque dans le choix de soumettre à l'appréciation cette matière en transit, ces avartars cristallisés d'une farouche volonté de ne rien figer; la fraîche victoire du solide sur le liquide paraît guetter confirmation de notre regard.
Pointe " l'rraisonable " tentation de solubiliser l'oeuvre picturale dans le regard même. les pigments, on le pressent, pourraient s'y répandre, se confondre avec et en lui comme le colorant déposé dans uncours d'eau afin d'en déterminer débit et cheminement exact jusqu'à l'océan. Tout le travail de Thierry alimente ce bouillant paradoxe d'une peinture à la fois portée et à perte de vue.
Jacques guillemer, janvier 2006.
* " Qu'est- ce que c'est ça ?", en Japonnais.